Références
| Le Costume Féminin Marseillais |
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Les éléments du costume féminin
Artisanes Les vêtements de dessous :
- La Chemise : est en toile de lin, elle a un décolleté carré qui est bordé d’un empiècement de toile très fine (la Listo). La Listo est souvent brodée et ornée de dentelles chez les femmes aisées. Sur des costumes plus récents, on trouve aussi des encolures rondes fermées à l’aide d’une coulisse. - Le Corset : est sans baleines, en Piqué blanc, basin rayé doublé d’une forte toile. Il est très ajusté dans le dos et ses deux larges épaulettes forment un décolleté carré, laissant dépasser la Listo de la chemise. Le corset a deux pans sur le devant qui sont soit croisés et épinglés soit bord à bord et lacés, il est muni de basques et soutient les jupons de dessous. - le Pantalon : il s’impose dans le trousseau, à partir du second empire (Le Second Empire était le régime bonapartiste de Napoléon III de 1852 à 1870). En coton blanc ou en basin rayé, les plus raffinés ont leurs extrémités ornées de festons ou de volants en broderie anglaise. - Le Jupon de Dessous : chez les femmes aisées, il est en basin blanc ou en percale ornée de volants et de broderie anglaise ou de dentelle de Valencienne. Pour les femmes du peuple il est plus communément en Siamoise (rayures verticales bicolores) bordée de festons. - Les bas : sont le plus fréquemment en coton. En hiver, de laine, ils peuvent être de soie pour les plus fortunées. Ils sont le plus souvent blancs mais peuvent être rayés, chinés. Certaines femmes les portent rebrodés de petits motifs et ajourés. A Marseille les poissonnières portent des bas violets, teints à l’indophénol qui résiste mieux à l’iode.
Le Jupon piqué ou Cotillon :
Il peut servir de jupon de dessous comme de dessus. Il est traditionnellement réalisé en cotonnade mais il n’est pas rare d’en trouver en soie aux couleurs à la mode (vert sombre, vieil or, gorge de pigeon). Il donne de l’ampleur à la silhouette et il est très pratique pour se protéger du froid. La doublure est généralement en Indienne (coton imprimé) ordinaire alors que l’Indiennedu dessus est plus sophistiquée. Plusieurs motifs selon les époques : Louis XVI décor « à la jardinière » - Charles X : rinceaux de fleurs plus denses dits « Indiano Piso » ou décor « à bâtons rompus » (fleurs stylisées et contours angulaires) – Louis Philippe : les fonds sont de plus en plus foncés, dits « ramoneurs », ils sont ornés de semis de fleurs et de rayures ou de motifs en grain de café. Ces jupons piqués peuvent être également blancs et ornés de broderies embouties pour les plus précieux et portés dessous. Les décors sont généralement géométriques mais on trouve aussi des décors figurés et essentiellement floraux.
Les vêtements du dessus :
- la Jupe : en Siamoise pour les paysannes, en Indienne pour les autres. La jupe s’arrête à vingt centimètres du sol, elle est montée à la taille à plis canons ou à coulisse, pour les plus ordinaires. - Le Corsage ou Caraco ou Casaqueto : il est court et ajusté dans le dos où l’on trouve une crête qui, lorsque le corsage est ajusté, se relève : c’est le « Caracaca ». Les manches de ces caracos sont très longues et très ajustées selon la mode des spencers (mode venue d’Angleterre et très répandue depuis le Directoire 1795-1799). Ce corsage est fermé devant par une coulisse sur un large décolleté arrondi. La « bricole » est une attache, qui relie traditionnellement le corsage au cotillon. Les marseillaises jouent sur les couleurs et les matières. Progressivement le caraco se rallonge, tout en restant très ajusté dans le dos afin de cambrer la silhouette et les manches raccourcissent. On les porte au dessus du poignet ou à la saignée, on peut alors y retrousser les manches de la chemise comme au XVIème siècle. Sous Charles X apparaissent aussi les larges manches gigot. - La robe d’un seul tenant : apparaît au XIXème siècle, elle relie le corsage à la jupe. Elle se généralise vite et suit les modes du temps : taille haute, puis à sa place, jupe droite puis en cloche, et enfin en « tournure » (faux cul), manches courtes ballonnées puis longues et en gigot. La robe a la même longueur que la jupe. Elle peut être en mérinos l’hiver mais les plus couramment elle est en Indienne. La robe est portée dans toutes les classes de la population. - Le corsage est presque toujours recouvert par Le Fichu. Le fichu a trois plis et il est fixé sur le caraco par trois épingles, une première à l’arrière du cou et une en avant de chaque épaule, la pointe du fichu n’est pas épinglée et vole au vent. Il peut y avoir une quatrième épingle, ou une broche, pour attacher les pointes du fichu qui se rejoignent sur le devant. Quelques fois, lorsqu’il fait très chaud, les pointes du fichu sont rentrées entre le corset et le corsage. En coton léger ou mousseline blanche, sous le premier empire (1804-1814) il est orné de broderie, de feston, ou de dentelle. Le fichu blanc peut être de qualité moindre (tulle mécanique anglais), il est aussi porté par le peuple. Les fichus blancs ne seront plus portés à partir de 1870. Le fichu le plus généralement porté est en Indienne et en Rouennerie(toile de coton peinte). D’abord fabriqué dans la région, ils sont par la suite importés de Mulhouse.
Le costume s’accompagne presque toujours du Tablier. Il est en Indienne, Rouennerie, laine, parfois en soie. Celui des poissonnières ou des paysannes est très vaste avec de grandes poches.
En hiver, les marseillaises portent de larges capes d’Indiennes à capuchon, le plus souvent à fonds foncé. Elles descendent jusqu’au bas des jupes, le bord de la cape et celui du capuchon sont ornés d’un large volant froncé. Une autre forme de manteau est appelé « ramoneur » (du nom de l’étoffe à fond sombre du même nom) avec deux grands pans sur le devant. On distingue les «grands » ou « petits » ramoneurs en fonction de leur dimension. Les petits ramoneurs sont aussi appelé « visites ».
La coiffe est l’élément qui a été le plus longtemps porté. Elle est délicatement ouvragée et peu volumineuse, les marseillaises y posent dessus un grand Chapeau de feutre noir, dit « à la bérigoule », en hiver ou de paille blonde en été.
Les coiffes de lingerie sont toujours constituées de trois éléments : - le fond, enveloppant la chevelure et séré à la nuque par une coulisse, - la passe, qui fait le lien avec - l’avancement et qui encadre le visage.
Entre 1800 et 1835, on trouve la coiffe « à la couqueto » : avec deux longues barbes croisées sous le menton et épinglées sur la tête (elle découle des coiffes arlésiennes dites « à la chanoinesse » du XVIIème siècle). La coiffe « à courduro » : est contemporaine de la première et sera longtemps portée, elle doit son nom à la couture arrondie qui traverse le fond au dessus de la tête. C’est l’avancement de la coiffe qui lui donne sa caractéristique : coiffe à canons (plis très fins montés les uns sur les autres), coiffe à tuieiu (plis régulièrement tuyautés), coiffe à la génoise (deux rangs de tuyaux superposés). Si les ornements de dentelle recouvrent les joues, elle est « à gauto », et lorsqu’ils font l e tour de la coiffe on la dit « à bavolet ». La coiffe « à la frégate » : est connue par une gravure représentant trois marseillaises sur le port. Portée dans les années 1830, l’avancement de cette coiffe est si important que l’on peut le comparer aux voiles des navires. La largeur du volant de devant est quasi égale à la hauteur du visage. Le fond est soutenu par un peigne et s’élance également en hauteur. Peu pratique elle sera vite abandonnée. Aucune coiffe originale ne nous est, à ce jour, parvenue.
Toutes ces coiffes ont généralement des fonds de mousseline et sont ornées de dentelles : Valencienne, point d’Angleterre ou d’Alençon. Pour les coiffes plus ordinaires, elles sont de basin ou en percale fine.
Le costume traditionnel disparaît progressivement au début du XXème siècle.
Eléments tirés du catalogue de l’exposition « Les Belles de Mai – Deux siècles de mode à Marseille » - 11 juillet au 31 décembre 2002 - Musée du Vieux |

Le costume féminin





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