La Mazurka n'est pas à proprement parler une danse issue du folklore Provençal. C'est une danse d'origine polonaise qui s'est répandue en Europe au milieu du 19ème siècle, comme la polka ou la valse. Cette danse s'est conservée en Provence grâce aux mazurkas chantées de Charles Rieu, félibre Provençal.
A la marge de notre folklore, celle que nous vous présentons se danse sur l'air de la mazurka de St Andiol.
Le branle de Saint-Elme
Le feu de St Elme, phénomène bien connu des marins, leur annonce l'approche ou la fin d'une tempête. Jusqu'à la révolution, les marins marseillais ont placé leur corporation sur le vocable de St Elme. Le branle de St Elme se dansait à Marseille chaque fois qu'un nouveau bateau était mis à l'eau. Les plus beaux pêcheurs et les plus accortes poissonnières, accompagnés de tambourinaires et de bachas, faisaient le tour de la ville sous la direction du chef de la Prud'ho mie. Les danseurs exécutaient le branle autour de la barque et jetaient des fleurs sur le bateau que le prêtre bénissait.
Ensuite, le patron offrait un festin où figuraient les Tourtihado (gâteau à l'anis en forme de couronne) à tous ceux qui participaient ainsi aux vœux formés pour la nouvelle embarcation. Cette danse utilise le symbole de l'encerclement en faisant du bateau un objet sacré, en cherchant à projeter sur lui, par l'ambiance favorable dont elle l'entoure, des influences bénéfiques.
Les Cordelles
C'est certainement la danse folklorique la plus répandue en Provence et la plus ancienne. Au départ, le mât représentait un arbre cosmique qui reliait le ciel et la terre par des rubans multicolores. Une autre explication possible est la représentation du soleil dont les rubans symbolisent les rayons.
Quoi qu'il en soit, on ne peut ignorer son sens rituel : la marche sinueuse des danseurs dessinant un serpent symbolise la fécondité, le mât levé vers le ciel est signe d'offrande et l'encerclement un signe de fertilité. Au Moyen âge, avec l'institution des corporations, on a cru qu'il s'agissait d'une danse imitative du métier de cordier et on lui adapta des paroles sur le tressage de la corde.
Les Fileuses
Le thème du fil a suscité une foule de mythes, de rituels et de superstitions. Sachant qu’au motif lier-délier était attribué une action sur la vie cosmique, la danse des Fileuses est vue comme une danse magique, devenue plus tard danse de brigue amoureuse, où un jeune homme courtise plusieurs jeunes filles à la fois qui parviennent à l’encercler dans un réseau inextricable.
On retrouve cette danse sous une autre forme, à l’époque du Carnaval, mais elle évoquera cette fois-ci la répulsion des forces du Mal, par le bruit des grelots et les cris incessants.
Les Filles de Marbre
C'est une danse très ancienne dont la reprise dans une pièce de théâtre de 1850 : "Le Ballet des Filles de Marbre", a été tellement popularisée que finalement le nom de la pièce a prévalu pour désigner la danse. Son air fut vite adopté dans les salles de danse des régiments de l'armée, si bien que curieusement seuls les hommes la dansaient. Aujourd'hui, cette danse est indifféremment interprétée aussi bien par les filles que par les garçons.
Les danseurs forment un cercle ouvert dont ils regardent le centre. Mains sur les hanches, ils se déplacent de gauche à droite et chacun avance à son tour vers le centre, en faisant l'enchaînement de pas qu'il réussit le mieux. Entre chaque solo, l'ensemble des danseurs reprend le pas du début.
La Farandole
Danse en chaîne ouverte, elle est très répandue dans le bassin méditerranéen depuis l’antiquité. En Provence, elle se déroule spontanément dans les villages, aux jours de fêtes, pour exprimer l’exubérance et la joie de vivre du peuple. C’est véritablement la danse nationale des Provençaux.
Les maîtres de danse, de retour au pays la stylisèrent et créèrent la farandole classique, aux pas très variés, pour organiser des concours. Si la farandole perdit ainsi de sa spontanéité, ces maîtres de danse eurent le mérite de garder ses figures rituelles : le balancement des bras, la spirale, le serpent, le passage sous l’arc formé par les bras des danseurs ; autant de symboles de fécondité se rapportant au mythe de l’éternel retour du printemps
Sources : MOURGUES M., La danse provençale, Marcel Petit C.P.M, 1985